
Le projet AEQUILIBRIUM en bref
Lorsque nous avons commencé à développer le protocole Aequilibrium (il y a maintenant presque 10 ans), nous avions une mission bien précise en tête : développer un consortium microbien complet, efficace et innovant, fondé sur des études scientifiques solides.
L’objectif de nos recherches était de construire la « micro-bibliothèque » bactérienne parfaite pour un aquarium récifal, puis de développer un consortium capable d’éliminer tous les nutriments typiquement présents dans les aquariums récifaux, afin de simplifier la gestion pour les passionnés et de les aider à résoudre leurs problèmes.
Cela signifiait sélectionner des bactéries marines utiles, les faire coexister au sein de consortiums stables, garantir qu’elles restent viables une fois conditionnées et, surtout, qu’elles s’activent rapidement dans l’aquarium.
Dans notre secteur persistent de nombreuses idées dépassées sur les bactéries, souvent fondées sur des informations partielles, incohérentes, voire tendancieuses.
Pour expliquer et démontrer les capacités de nos mélanges bactériens, et souligner l’énorme travail de recherche et développement qui les soutient, nous avons décidé de soumettre à nouveau chaque formulation à une analyse métagénomique, en collaboration avec les laboratoires de l’Université d’Ancône.
Les échantillons ont été préparés en activant séparément le contenu des capsules dans une quantité standard d’eau de mer synthétique (ultrafiltrée et stérilisée en autoclave à 121 °C).
Ils ont donc été cultivés dans un photobioréacteur conditionné conformément aux paramètres physico-chimiques typiques de nos systèmes (t°, pH, redOX, NPK, oligo…).
Cela nous a permis de recenser avec davantage de précision les organismes présents, leur quantité et leur potentiel métabolique.

L’objectif est de partager avec la communauté un aperçu plus « scientifique et approfondi » de nos activateurs bactériens.
Nous sommes heureux de pouvoir vous offrir une vision plus large des processus métaboliques « cachés » : à ce jour, aucun autre produit similaire destiné à l’aquariophilie récifale n’est étayé par des analyses, des données de séquençage et des spécifications des processus métaboliques aussi détaillées.
BEA AEQUILIBRIUM est une gamme de produits véritablement extrêmement innovante, et nous sommes très fiers d’être parmi les premiers au monde à présenter un portefeuille multi-blend, dont chaque formulation repose sur l’adaptation à notre secteur des dernières innovations en matière de microbiologie environnementale et industrielle.
Avec AEQUILIBRIUM A-E-Z-PRO, nous avons voulu développer des consortiums « ingénierés » qui imitent – par leur composition et leurs fonctions – la complexité microbienne d’un écosystème marin.
Conçue autour de fonctions écologiques précises, avec des espèces clés extrêmement particulières, des systèmes de « backup team » et un large spectre métabolique. Nos analyses NGS confirment > 40 taxons par produit, des concentrations de 5x10 6 UFC par capsule, capables d’éliminer une gamme immense de nutriments et de polluants, avec une viabilité supérieure à 95 % à 12 mois ;
Les prémices sont excellentes, mais de quoi parlons-nous exactement ?
Quels taxons ? Quelles voies métaboliques ? Quels nutriments ?
Dans ce bref focus, nous chercherons à vous donner un aperçu de notre travail, des raisons de nos choix et surtout des capacités fonctionnelles de nos mélanges bactériens.
Portrait haute définition des quatre mélanges
Ci-dessous, j’ai tenté de vous présenter de manière extrêmement simplifiée certaines des principales espèces bactériennes sur lesquelles reposent nos formulations, en les classant selon leur abondance en pourcentage au sein des différents mélanges.
Pour chaque genre, l’une des voies métaboliques qui nous a incités à le sélectionner pour cette fonction particulière est mentionnée.
Chaque mélange a été développé selon une approche systémique de l’ingénierie microbienne : une « Core Team » de souches sélectionnées pour les principales fonctions métaboliques, épaulée par une « Backup Team » complémentaire en retrait, prête à garantir la stabilité et la résilience fonctionnelles en cas de problème.
AEQUILIBRIUM A – Autotrophes, démarrage et stabilité
L’objectif est de « lancer le cycle bactérien et de le maintenir stable » : dans le mélange A cohabitent des bactéries qui se répartissent l’intégralité du cycle de l’azote, colonisent rapidement les roches et les biomédias, et freinent les fluctuations de l’ammoniac, des nitrites et des nitrates.

Le « lancement » est assuré par Bacillus et ses spores ultrarésistantes : grâce à l’équilibre parfait des nutriments présent dans la matrice organo-minérale, les spores germent en quelques heures et colonisent la surface du sable, des roches et des substrats.
Celles-ci libèrent également un premier flux de protéases et d’amylases qui prédigèrent les microparticules organiques, évitant qu’elles ne génèrent du NH₃.
Juste à côté, Pseudoalteromonas, sécrète des métabolites antibiofilm et anti-Vibrio : ces molécules éliminent les premiers agents pathogènes opportunistes et laissent les surfaces propres pour les véritables nitrificateurs.
La majeure partie du « nettoyage chimique » revient toutefois à Alteromonas, une bactérie marine copiotrophe dotée de CAZymes et de sidérophores : elle décompose les résidus protéiques et les polysaccharides en fragments assimilables et prive les algues récemment introduites de fer, ralentissant leur prolifération.
En arrière-plan opère l’équipe de secours autotrophe.
Oceanospirillum oxyde les acides organiques volatils jusque dans les biomédias et les substrats pauvres en O₂, privant les pics d’ammonium de leur carburant.
Les Rhodobacteraceae s’attaquent à la première étape de la nitrification et produisent de la B₁₂, qui aide les premiers organismes benthiques tout juste introduits.
Si le nitrite s’éternise, le clade JGI_0000069-P22 entre en scène : il possède des gènes pour nirK/norB et des oxydases qui transforment le NO₂⁻ en NO₃⁻ et atténuent les pics oxydatifs.
Encore plus en arrière-plan, mais précieux, le groupe SAR324/NB1-j fixe le CO₂ et boucle des cycles sulfoautotrophes dans les zones anoxiques du filtre, tandis qu’un voile de Synechocystis photosynthétise à la surface du sable et des roches, libérant de l’O₂ et tamponnant le pH.
Résultat dans le bac : l’ammoniac reste sous le seuil, le nitrite connaît un pic plus bref et le nitrate se stabilise sans dosage agressif de carbone ; les roches se colonisent de biofilms utiles, les algues de démarrage peinent à s’installer et le cycle de l’azote fonctionne harmonieusement dès les premières semaines.
En bref :
ÉQUIPE CENTRALE – démarrage de la nitrification
- Bacillus– spores + protéases/amylases, démarrage immédiat du biofiltre
- Pseudoalteromonas– antibiofilm, freine les Vibrio pathogènes et opportunistes
- Alteromonas– CAZymes, sidérophores, « aspirateur » de DOC
ÉQUIPE DE SECOURS – réseau de sécurité pour l’azote
- Oceanospirillum – β-oxydation des acides organiques même à faible teneur en O₂
- Rhodobacteraceae– étape initiale de la nitrification + vit. B₁₂
- JGI_0000069-P22– nitrite oxydase + détoxification des ROS
- SAR324/NB1-j– autotrophe sulfuroxydante/fixation du CO₂
- Synechocystis– photo-O₂, tampon du pH

AEQUILIBRIUM E – Hétérotrophes, matière organique et nutriments
L’objectif est de « éliminer n’importe quel nutriment présent dans le bac » : il réunit des bactéries capables de s’attaquer pratiquement à chaque catégorie de composé organique qu’un récif domestique peut accumuler — des protéines de la nourriture non consommée aux lipides du plancton, en passant par les polysaccharides visqueux du mucus corallien et les microhydrocarbures libres dans l’eau de mer.

Le travail de dégradation commence avec Alteromonas.
Ce copiotrophe dispose de batteries de CAZymes (enzymes glycoside-hydrolases, pectinases, alginases) et d’un ensemble de protéases extracellulaires qui « effilochent » les débris complexes en chaînes plus courtes ; en parallèle, il sécrète des sidérophores qui privent les algues opportunistes de fer, rendant l’eau moins favorable aux proliférations indésirables.
Sur les lipides intervient plutôt Oleibacter : un véritable spécialiste de la β-oxydation des acides gras et des microhydrocarbures.
Grâce à des enzymes comme l’alkane-monooxygénase et les lipases thermostables, il brise le « film » huileux qui se forme souvent dans la décantation et l’écumeur lorsque l’alimentation est abondante.
La scène protéolytique et antibiofilm est partagée avec Pseudoalteromonas, dont les métabolites bromés ne se contentent pas de désagréger les matrices visqueuses, mais maintiennent aussi sous pression des agents pathogènes tels que Vibrio. Ces molécules abaissent également la tension superficielle, facilitant la floculation des colloïdes organiques que l’écumeur peut ensuite exporter.
Sur le front des « touche-à-tout », le clade émergent JGI_0000069-P22 se distingue : les analyses génomiques révèlent des dizaines de voies de détoxification des ROS, d’oxydation des composés soufrés et de dégradation des amines et du DMSP libérés par les coraux et les macroalgues.
En pratique, il agit comme un amortisseur chimique lorsque la charge organique augmente ou que le système entre en stress oxydatif.
Pour soutenir la chaîne trophique arrivent ensuite :
- Oceanospirillum qui achève la β-oxydation des acides organiques volatils, même lorsque la teneur en oxygène est faible
- Bacillus qui, une fois les spores germées, libère un cocktail de protéases et d’amylases et flocule les particules organiques : un turbo naturel pour l’écumeur.
- Des taxons « mineurs » de Flavobacteriaceae, Marinobacter, Alcanivorax et autres, prêts à traiter les composés aromatiques, les aldéhydes et les fragments de polysaccharides réfractaires qui échappent aux « grands acteurs ».
Le résultat de cette task force hétérotrophe est visible dans l’aquarium : l’eau reste limpide avec moins d’écume « jaune », le PO₄³⁻ diminue indirectement, car le phosphore est incorporé à la biomasse bactérienne (puis éliminé par l’écumeur), et les odeurs de matière organique stagnante disparaissent.
AEQUILIBRIUM E n’est pas un simple probiotique, mais un véritable « digestif liquide » qui transforme — ou exporte — tout résidu organique avant qu’il ne devienne un carburant pour les algues et les cyanobactéries.
En bref :
ÉQUIPE PRINCIPALE – dégrade et métabolise tout résidu organique
- JGI_0000069-P22 – nombreuses voies métaboliques de l’N et du S, détoxification des ROS
- Alteromonas – enzymes polysaccharidases/protéases, décompose le DOC complexe
- Pseudoalteromonas – antibiofilm, coagulation des colloïdes, amélioration de l’écumage
- Oleibacter – oxyde les lipides et les micro-hydrocarbures, réduit les films huileux
- Bacillus – enzymes extracellulaires, absorption des composés organiques, métabolisme assimilatif
ÉQUIPE DE SECOURS – finition des nutriments
- Oceanospirillum – achève la dégradation des acides organiques volatils, stabilise l’ORP
- Flavobacteriaceae – hydrolases des mucilages coralliens et du biofilm
- Marinobacter + Alcanivorax – oxydent les composés aromatiques, les huiles et les hydrocarbures

AEQUILIBRIUM Z – Enzymes, biofilm disjoncteur
L’objectif ultime du mélange Z est en revanche de : « dissoudre les mucilages et les agglomérats gélatineux ». Ce mélange entre en scène lorsque les pompes, l’équipement, les canalisations et les roches se couvrent du « slime » qui étouffe les coraux après des stress thermiques, des déplacements ou de longues périodes de négligence.

Le travail commence avec Pseudoalteromonas.
Nous en avons parlé à plusieurs reprises, mais sa présence atteint ici un niveau record : les polysaccharidases qu’elle produit « découpent » les alginates et les laminarines, tandis que les métabolites bromés éliminent Vibrio et les autres habitants indésirables avant qu’ils ne puissent reconstruire le biofilm.
Bacillus agit immédiatement après : comme nous l’avons déjà vu dans les mélanges A et E, ses spores germent en quelques heures ; dans AEQUILIBRIUM Z, ce sont surtout les lipases, protéases et DNases qui nous intéressent : elles liquéfient la matrice gélatineuse et la transforment en flocons faciles à exporter avec l’écumeur.
Lorsque la « pellicule gélatineuse » commence à se désagréger, l’équipe de renfort entre en jeu.
Le clade JGI 0000069-P22— déjà largement décrit dans E et P — neutralise les espèces réactives de l’oxygène libérées par la lyse du slime, évitant ainsi un stress oxydatif aux invertébrés. C’est en revanche Cobetia qui capture les phosphates libérés pendant le processus : elle chélate immédiatement le nutriment et sécrète une fine couche d’EPS (exopolysaccharides « glissants ») qui n’offre aucune prise aux mucilages. Il faut ensuite un « dégraissant biologique » : c’est le rôle de Pseudomonas, dont les biosurfactants réduisent la tension superficielle et détachent les derniers flocons gélatineux. Tandis que Ruegeria (déjà présente dans le mélange PRO) envoie des signaux de quorum quenching qui « réduisent au silence » les bactéries filamenteuses et celles qui forment des biofilms épais, l’ensemble enrichit l’eau en vitamine B₁₂ pour revigorer les coraux stressés. Oceanospirillum clôt le processus : comme nous l’avons déjà expliqué dans A et E, elle achève la β-oxydation des lipides libérés lors de la lyse des agglomérats, maintient l’ORP à un niveau élevé et laisse une eau visiblement plus cristalline.
Que voit-on dans l’aquarium ? Après un premier retrait mécanique, les mucilages résiduels sont digérés en 48–72 heures, le potentiel redox augmente et les phosphates restent piégés, car emprisonnés dans la biomasse bactérienne éliminée par l’écumeur. Après quelques semaines, on peut facilement constater que les surfaces restent propres et peu attrayantes pour les cyanobactéries et les algues filamenteuses : c’est le signe que Z n’a pas seulement « dégraissé » l’aquarium, mais l’a aussi protégé contre de nouvelles colonisations.
En bref :
ÉQUIPE PRINCIPALE – dissout les agglomérats bactériens et combat les mucilages gélatineux
- Pseudoalteromonas– enzymes polysaccharidases + bromophénols antibiofilm
- Bacillus – lipases/protéases à large spectre
BACKUP TEAM – finition et prévention des repousses
- JGI_0000069-P22 – oxydases/peroxydases anti-ROS
- Cobetia – chélate le PO₄, dépose des EPS protecteurs
- Pseudomonas – biosurfactants qui détachent les mucilages des substrats
- Ruegeria – quorum-quenching + vit. B₁₂, défense contre les agents pathogènes et opportunistes
- Oceanospirillum – élimine les lipides post-lyse, dégrade les résidus agglomérés

AEQUILIBRIUM PRO – Équilibrage et boost du microbiome
Le mot d’ordre est « maintenir l’équilibre et réagir aux imprévus » : le blend PRO réunit des bactéries qui stabilisent les paramètres, réparent les brèches du microbiome après des périodes de stress du système ou des traitements biocides et fournissent aux coraux de précieux micronutriments.

Les principaux protagonistes sont essentiellement au nombre de trois ; comme premier des « big players », nous retrouvons nos JGI 0000069-P22.
Comme nous l’avons déjà expliqué pour le blend E, ce clade émergent possède des voies génomiques qui détoxifient les espèces réactives de l’oxygène et oxydent les composés soufrés.
À ses côtés travaille Ruegeria, un symbiote des coraux capable de produire de la vitamine B₁₂, des antioxydants et des signaux de quorum-quenching : ces messages moléculaires étouffent dans l’œuf les blooms de pathogènes tels que Vibrio.
De plus, Ruegeria métabolise le DMSP que les animaux libèrent dans les situations de stress, contribuant à maintenir l’équilibre du système.
Le triangle est complété par Halomonas, une bactérie osmotolérante et très robuste.
Ses enzymes dénitrifiantes réduisent les nitrates sans nécessiter de dosages agressifs de carbone, rendant la gestion quotidienne nettement plus « low-maintenance ».
Dans les moments critiques, l’équipe de soutien de la Backup team intervient.
Oceanospirillum — déjà décrit dans les blends A et E — achève la β-oxydation des acides organiques volatils et contribue à maintenir l’ORP élevé lorsque le dosage de PRO libère des nutriments inorganiques.
Pseudoalteromonas, dont nous avons parlé en détail dans les blends A/E/Z, sécrète des métabolites bromés qui empêchent les biofilms et les cyanobactéries de recoloniser les surfaces fraîchement nettoyées.
Vient ensuite une micro-cour de spécialistes : Actinomarinales et Ilumatobacter qui raffinent les polysaccharides algaux les plus récalcitrants ; Bdellovibrio/OM27 patrouillent dans le bassin en prédatant les Gram négatifs résiduels ; enfin, les Desulfobacteraceae réduisent les sulfates et détoxifient l’éventuel H₂S qui se forme dans les lits de sable profonds et les éventuelles zones anoxiques.
Mais alors lesDans l’aquarium, ce que l’on voit?
Grâce à cette régie microbienne :
- les nutriments restent stables et faibles, sans pics de nitrates ni de phosphates lors des périodes de charge ;
- le microbiome se reconstitue rapidement après des antibiotiques, une coupure de courant ou d’autres stress systémiques ;
- les coraux reçoivent un flux constant de vitamines et d’antioxydants, ce qui contribue à contrer la présence d’éventuels agents pathogènes et opportunistes ;
- les biofilms et les cyanobactéries peinent à réapparaître, car les surfaces restent « surveillées » par Pseudoalteromonas et les prédateurs microbiens.
Autrement dit, lorsque AEQUILIBRIUM A a déjà activé et stabilisé le « biofiltre », qu’AEQUILIBRIUM E a nettoyé la colonne d’eau et qu’AEQUILIBRIUM Z a nettoyé les roches et les surfaces, AEQUILIBRIUM PRO maintient jour après jour la « forme » de l’équipe bactérienne et empêche qu’un seul déséquilibre ne remette tout en jeu.
En bref :
CORE TEAM – équilibre à long terme
- JGI_0000069-P22 – « airbag » chimique, nombreuses voies métaboliques, biofilms marins matures
- Ruegeria – vitamine B₁₂ + quorum quenching, défense contre les agents pathogènes
- Halomonas – dénitrification tolérante au sel
BACKUP TEAM – surveillance et équilibrage
- Oceanospirillum – β-oxydation des résidus même avec peu d’O2, stabilise l’ORP
- Pseudoalteromonas – antibiofilm, maintient les surfaces propres
- Actinomarinales + Ilumatobacter – dégradent les fibres et les résidus algaux
- Bdellovibrio/OM27 – prédateurs des bactéries à Gram négatif, lutte contre les agents pathogènes
- Desulfobacteraceae – réduction des sulfates/H₂S, détoxification des substrats anoxiques

Les taxons «mineurs», un aperçu de la recette secrète

Comme nous l’avons vu jusqu’à présent, les tableaux de séquençage montrent qu’en plus du Core et de la Backup Team, chaque mélange abrite une « avant-garde silencieuse » d’espèces qui, prises individuellement, ne dépassent pas 1 à 2 % du total mais qui, cumulées, atteignent 15 à 22 % de la biomasse et contribuent à environ un tiers des gènes fonctionnels exclusifs de l’ensemble du consortium.
Dans les échantillons A, E, P et Z, ces microorganismes font passer l’indice de Shannon de 2,5 ± 0,1 (en leur absence) à 3,4 ± 0,1, rapprochant la complexité du produit de celle d’un récif mature.
Taxons mineurs dans AEQUILIBRIUM A – Une ceinture de « finisseurs »
Dans l’échantillon A, les analyses métagénomiques révèlent la présence d’Actinomarinales, Aminicenantales, Haliangium, Halioglobus, ainsi que du groupe prédateur Peredibacter.
Actinomarinales et Aminicenantales achèvent la dégradation des polysaccharides insolubles, tandis que Haliangium et Halioglobus forment des biofilms d’EPS très fins qui tiennent les cyanobactéries à distance.
Peredibacter, quant à lui, maintient sous contrôle les cellules sénescentes à Gram négatif.
L’ensemble de ces fonctions explique pourquoi, à charge organique égale, le mélange A affiche des temps d’oxydation de l’ammoniac plus courts qu’un consortium dépourvu de cette « ceinture de finisseurs ».
Taxons mineurs dans AEQUILIBRIUM E – Microlaboratoires d’oxyderéduction
Dans le mélange E apparaissent Cobetia, Saccharospirillum, toujours Actinomarinales et Peredibacter, mais surtout de petites proportions de Photobacterium riches en luciférases et en enzymes flavino-dépendantes.
Cobetia chélate les phosphates libres pendant les pics de lyse organique ; Saccharospirillum oxyde les acides gras volatils en conditions d’O₂ limité ; Photobacterium, grâce à sa chaîne respiratoire « dépendante de la lumière », élimine les ROS lorsque l’aquarium est éclairé en spectre complet.
Le résultat est un système qui résiste mieux aux fluctuations du potentiel redox post-alimentation et qui, selon les tests en laboratoire, retrouve l’ORP initial en moyenne 20 % plus rapidement que les mélanges n’incluant pas ces niches métaboliques.
Taxons mineurs dans AEQUILIBRIUM Z – Les derniers démolisseurs du «mucus”
Dans le mélange Z, l’action antimucus de Pseudoalteromonas et de Bacillus est amplifiée par des minorités stratégiques : Cobetia, qui séquestre les phosphates libérés par la lyse des mucilages ; Pseudomonas, qui produit des rhamnolipides naturels et abaisse la tension superficielle ; Halioglobus, Cyclobacteriaceae et des traces de Desulfobacteraceae, qui absorbent les sulfates et les fragments aromatiques résiduels.
Après le traitement, le biofilm ne trouve plus de nutriments immédiatement disponibles et, mesuré à 72 h, le COT s’avère inférieur de 25 % à celui des témoins dépourvus de cette « équipe de finition ».
Taxons mineurs dans AEQUILIBRIUM PRO – Équilibre entre prédation et synthèse de vitamines
Le blend PRO abrite une population réduite mais significative d’Anaerobacillus, de Bdellovibrio/OM27, d’Ilumatobacter et de Gracilibacteria.
Anaerobacillus réduit les nitrates sans accumuler de N₂O, agissant comme une « soupape » lorsque l’apport de carbone organique diminue.
Bdellovibrio est le prédateur qui fauche les accumulations sporadiques de Vibrio en moins de 24 h, tandis que Ilumatobacter et Gracilibacteria libèrent de la biotine, des tocophérols et des cofacteurs rares qui aident les coraux à cicatriser après de légers stress mécaniques.
La présence combinée de ces taxons explique la rapidité avec laquelle le blend PRO reconstitue le microbiome après des traitements antibiotiques : la diversité fonctionnelle « profonde » n’est jamais totalement perdue et les souches dominantes peuvent se reconnecter à un réseau écologique déjà établi.
Effet global sur la biodiversité
Les espèces « mineures » n’augmentent pas seulement le nombre total de taxons et, par conséquent, l’indice de Shannon de la biodiversité microbienne : elles apportent surtout environ 140 voies KEGG supplémentaires, axées sur la synthèse de vitamines, la détoxification des ROS, la β-oxydation des HAP et la réduction des oxydes de soufre et d’azote.
Lors de nos tests en installations pilotes, cela se traduit par :
- stabilisation plus rapide du pH et de l’ORP après des variations de charge ;
- besoin moindre de supplémentation en carbone, car les dénitrases mineures travaillent « dans l’ombre » ;
- surface des roches et du sable qui reste propre, avec un biofilm fin mais fonctionnel, peu attractif pour les cyanobactéries et les algues filamenteuses.
En conclusion
Si les souches principales sont le moteur et les souches de secours la carrosserie, les taxons mineurs sont le firmware qui optimise la consommation, garantit la redondance et projette le consortium sur le long terme.
Les séquences obtenues lors des dernières analyses et les rapports rédigés ne valident pas seulement l’intuition que nous avions eue il y a sept ans : ils nous permettent également de présenter à la communauté du reefkeeping l’un des profils métagénomiques les plus complets actuellement disponibles, où même le contenu apparemment négligeable d’un Rugeria ou d’un Oceanospirillum, fait la différence entre un bon produit tout-en-un « classique » et la profondeur technique et fonctionnelle de notre PROTOCOLE AEQUILIBRIUM.
D’accord, nous y sommes parvenus. J’ai essayé de le rendre aussi compréhensible que possible ; j’espère y être arrivé cette fois.
Je demande pardon aux techniciens chevronnés, mais pour le rendre lisible humainement, j’ai dû faire
coupes et simplifications.
Je vous remets une nouvelle fois une bibliographie mise à jour, qui tombe à pic comme le basilic sur la sauce tomate, et on prépare la suite.

Bonus spoiler : Cela fait déjà environ un an que nous renforçons le bioboost… Si cela vous a paru intéressant, attendez de voir les développements de ses déclinaisons ; je vous assure qu’il y a de quoi rêver.
Bon reefing à tous !
- Leroy G. et al. (2025) « Les souches de Pseudoalteromonas comme agents de contrôle du biofilm en aquaculture d’Ostrea edulis : réduction du biovolume du biofilm tout en préservant la diversité microbienne. » Microorganisms 13 (2) : 363. https://doi.org/10.3390/microorganisms13020363
- Omar A.A. et al. (2024) « Effets des probiotiques putatifs Bacillus licheniformis, B. pumilus et B. subtilis sur la crevette à pattes blanches, la réponse immunitaire, l’histologie intestinale, la qualité de l’eau et les performances de croissance. » Open Veterinary Journal 14 (1) : 144-153. https://doi.org/10.5455/OVJ.2024.v14.i1.13
- Chen Q. et al. (2024) « Les contrôles ascendants et descendants exercés sur Alteromonas macleodii entraînent des compositions différentes de la matière organique dissoute. » ISME Communications 4 (1) : ycae010. https://doi.org/10.1093/ismeco/ycae010
- Liu Y. et al. (2024) « Co-cultivation de Symbiodiniaceae et de Ruegeria sp. pour améliorer les échanges de nutriments au sein de l’holobionte corallien. » Microorganisms 12 (6) : 1217. https://doi.org/10.3390/microorganisms12061217
- Chen L. et al. (2024) « Performances de la dénitrification stimulée à basse tension d’eaux usées à forte salinité à l’aide de microorganismes halotolérants. » Bioresource Technology 401 : 130688. https://doi.org/10.1016/j.biortech.2024.130688
- Balabanova L. et al. (2024) « Phosphatase alcaline de la famille PhoA de Cobetia amphilecti déphosphorylant les LPS, divergente des multiples homologues de Cobetia spp. » Microorganisms 12 (3) : 631. https://doi.org/10.3390/microorganisms12030631
- Vázquez Rosas Landa M. et al. (2023) « Exploration de nouvelles voies de dégradation des alcanes chez des bactéries non cultivées de l’océan Atlantique Nord. » mSystems 8 (5) : e00619-23. https://doi.org/10.1128/msystems.00619-23
- Tyson J. et al. (2024) « Élimination des proies sans invasion par Bdellovibrio bacteriovorus déficient pour une adhésine de la famille MIDAS. » Nature Communications 15 : 3078. https://doi.org/10.1038/s41467-024-47412-3
- Malfertheiner L. et al. (2022) « Phylogénie et potentiel métabolique du phylum candidat SAR324. » Biology 11 (4) : 599.
